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UN PEU D'HISTOIRE ...

En 1216, le connétable Dreux de Mello donne sa « maison du Saulce » aux frères du temple.

Ces moines-soldats, membres de l’ordre du Temple fondé en 1119 à Jérusalem, sont des chevaliers ayant pour mission de protéger les chrétiens partis en croisade. Ils fondent, au domaine du Saulce, ce qui deviendra l’une des plus importantes commanderie des templiers. Celle-ci finira même dans le peloton de tête des plus importantes commanderies de l’ordre de Malte de France.

Durant 6 siècles, les chevaliers les plus nobles s’y succèdent, dirigeants ces ordres religieux, militaires puis hospitaliers.

Aujourd’hui encore, de nombreuses traces sur les bâtiments attestent de cette vie hors du commun. 

En 1755, le capitaine des gardes du roi Louis XV, Jacques Armand de Lusignan de Champignelles, s’y installe pour y créer son petit Versailles. Trianon, fontaines, labyrinthe et jardin à la française envahissent le domaine.


Rien n’est trop beau pour ce descendant de la fée Mélusine !

La Commanderie du Saulce, rare vestige en bon état de la glorieuse épopée des chevaliers de Malte, enrichie du fast propre au siècle des lumières, et équipé de tout le luxe moderne, saura ravire les plus exigeants !

LE TRIANON

Le Trianon, merveille architecturale, acoustique et artistique du domaine du Saulce a été édifié vers 1770, à la fin du règne de Louis XV et à la fin du long séjour du bailli de Champignelles.
C’était à sa création un pavillon de musique mais aussi un lieu privé puisque sa clef d’origine encore conservée est percée d’un cœur.
Son acoustique est parfaite pour des concerts intimes avec du chant ou peu d’instruments tant les dimensions choisies créent une sonorité exceptionnelle, sans besoin aucun de micro ( carré de 5,24 m de côté).Vous pourrez le constater vous même en chantant par exemple,porte fermée. En fermant les yeux, on peut s imaginer les dîners musicaux aux chandelles qui pouvaient s y dérouler du temps du bailli de Champignelles, sans doute entouré de quelques élégantes.

Les murs intérieurs étaient entièrement ornés de peintures originales evoquant les activités des chevaliers de Malte: le côté Nord présente des objets lies à la navigation et le début de la restauration permet d’y distinguer un compas, un sextant, une sphère armillaire ou encore un très beau corail. On y distingue encore le contour de la forteresse d’un port, sans doute celui de la Valette à Malte ou accostaient les vaillants chevaliers avec leurs galères.
Le côté Est est consacré à la musique : lyre, cythare,trompette etc y entourent une partition.
Côté Sud, au dessus de la cheminée en pierre sculptée avec des instruments de musique, on distingue cette fois des instruments de jardinage et de culture : arrosoir, pelle, râteau etc
Et enfin vers l’ouest se trouve un joli décor de flèches et d’épées agrementé de deux tourterelles.

Ces décors à thèmes sont entoures de guirlandes de fleurs très raffinées et variées très bien conservées.
Ils sont surmontés sur chacune des 4 faces de médaillons ovales peints également montrant des bustes de personnages non clairement identifies à ce jour, et pas toujours habillés comme il l’aurait fallu dans une commanderie religieuse ! Mais la fin du XVIII eme siècle n était il pas le siècle des lumières et des plaisirs?

Les fresques recouvertes d’une vilaine peinture orangée au XX eme siècle sont en cours de dégagement depuis 2009.

Le parquet d’origine avait disparu et fut remplacé par un parquet Versailles en chêne ancien en 2012 comme celui qui y figurait très certainement.
La serrurerie d’époque est restée en place avec notamment de belles charnières dites  » à moustache  » sur la porte d’entrée et une plaque autour de la serrure elle même  » en feuille de persil », et bien sur les espagnolettes aux fenêtres.
Les façades extérieures ne sont pas moins remarquables.
4 bustes sculptés font écho aux médaillons de l’intérieur, avec 3 jolies femmes, sans doute des proches du bailli de Champignelles, et un homme barbu qui évoquerait facilement un des anciens grands maîtres de l’ordre de Malte.

Au dessus, juste sous la corniche qui court tout autour au sommet des murs, se trouvent des sculptures en relief de très belle conservation.
La encore on y retrouve tous les détails de l’activité des glorieux chevaliers, avec la chasse côté Sud ( gibier, chiens, gibecière, sac à poudre etc)
Côté ouest on peut admirer des boisseaux de récoltes ( blé, fruits, ) ainsi que dans le dernier médaillon un bateau avec un croissant dans la voile: un bateau turc qui était la cible des galères des chevaliers de Malte. A l’autre bout de cette façade, on voit un corps de sirène ; la fée Mélusine qui hante ce lieu depuis longtemps n est pas loin!
Côté Nord des médaillons moins originaux si ce n est celui de l’extrémité Est avec les armoiries de la famille Champignelles logées dans un ovale.
Et enfin côté Est une originale enfilade de médaillons relatant la navigation et la pêche, avec des dauphins, des filets, des harpons etc…

Le toit  » a l’italienne » avec ses colonnades typiques devait être originellement plat en terrasse, mais actuellement c est un toit à plusieurs pentes qui rend la toiture quasi invisible d’en bas.

Ce magnifique pavillon est érigé sur un petit promontoire à l’extrémité du grand bassin dans lequel il se reflète très bien quand on le voit à partir du château.

Notons enfin que les fenetres sont peintes en vert comme on peut encore le voir sur les vieux immeubles de La Valette à Malte. De même il reste quelques volets anciens dont un arrangement subtil permet d.empecher l’ouverture des fenêtres lorsque ils sont en place, exactement comme dans la capitale des chevaliers.

Sous le Trianon, dans les entrailles du promontoire se trouve une jolie glacière ancienne, au fond d’un joli couloir semi enterré auquel on accède cotê Est.
On peut encore y voir de manière assez rare les énormes pierres rainurées qui recevaient la lente fonte des gros blocs de glace.De telles glacières en très bon état sont assez peu fréquentes en France.
La grande salle, assez basse, voit sa température peu varier au cours de l’année. Elle est entourée de jolies niches en pierre taillée et de deux orifices d’aération
Au Sud du Trianon, on pourra encore noter de légers coudes dans le mur d’enceinte tout proche, sensé évoquer encore et toujours les forteresses maritimes de Malte.

Et enfin on ne quittera pas cette zone remarquable sans jeter un coup d’œil à la grande serre construite un siècle plus tard vers 1870 à l’emplacement d’un ancien petit bassin et récemment restaurée.Elle possède de jolis éléments de ferronnerie d’époque sous les étagères ou encore pour les volets d’aération mobiles. Cette serre possédait dans la partie centrale deux petites cheminées dans le mur du fond avec un tuyau de chauffage périphérique.
Une serre quasiment identique peut s admirer aussi dans le parc de l’abbaye de Royaumont près de Chantilly.

LE PARC

Le parc couvre une superficie de près de 4 hectares.

Initialement il se subdivisait clairement en deux zones, la zone de l’entrée principales qui était un pur jardin à la française avec ses allées géométriques, et celle de l’arrière vers l’Yonne qui était parsemée d arbres magnifiques et de petites folies tels que des labyrinthes.

L’ensemble était traversé et irrigué par la source pavée de la Vandoise, et ses rigoles en pierre qui parcouraient le parc et remplissaient les bassins en pierre octogonaux.

Aujourd’hui de très beaux restes permettent de retrouver cette création du milieu du XVIII eme siècle :
La source coule encore intacte et alimente hiver comme été deux bassins encore en parfait état. Le système hydraulique et la légère déclivité entre l’entrée et le déversoir dans l’Yonne permettait par un jeu de plaques encore présentes, de contrôler les niveaux d’eau, de stocker de l’eau dans le grand bassin pour alimenter le moulin par période de sécheresse, ou encore de permettre des jets d eaux dans les bassins aval. L’inspiration de Versailles n est pas loin! A petite échelle bien sur.

Certains alignements d arbres ont beaucoup grandi et présentent un caractère somptueux, des tilleuls tortueux notamment autour du vieux bassin, le long de la grande allée d accès et le long de l’allée arrière qui conduisait à l’Yonne; mais aussi deux énormes platanes de 250 ans en pleine santé à l’arrière du château, deux cèdres devant le château, un immense séquoia apparu au milieu du 19 eme sur la gauche de l’entrée.


Et toute une foule d’arbres ou arbustes anciens (grands ifs dans le bois ou était l’ancien labyrinthe, buis devant le Trianon et à droite de l’allée d entrée, chênes, marronniers, noyers, meurisiers dans le bois le long du canal du nivernais, vieux pommiers, poiriers et cerisiers, dont l’antique variété rare de la pomme Blanche de Calville, pawlawnia à l’odeur envoûtante, sans oublier une très belle et dense bambouseraie juste derrière le château).

Les allées de seringas blancs sont omniprésentes et embaument le parc au printemps.

On notera enfin que le parc recèle au pied de ses vieux arbres de nombreuses truffes que les chiens truffiers trouvent facilement.

La plupart des allées à la française ont disparu sauf celle qui traverse la propriété, de l’orangerie au mur d enceinte sud, ainsi qu une ou deux autres remises en état récemment.
Par contre on distingue très bien dans le mur d'enceinte dans la première partie du parc, les anciennes portes qui donnaient sur les champs. Il reste en effet en assez bon état les piliers en pierre de ces portails aujourd’hui murés. Les allées géométriques débouchaient de ces portails et conduisaient à l’allée d accès en quadrillant le parc, et à un bassin central qui s y trouvait, aujourd’hui enseveli.

Le mur d’enceinte en pierres qui ceinture entièrement la propriété à une forme particulière, « en patte d’oie » dans la partie de l’entrée devant le château, et donc evoquant la forme de la forteresse de Malte derrière le Trianon.


Le mur ouest est recouvert d’anciennes vignes de raisins blancs principalement.

Au fond du parc serpente le « bief » de l’Yonne, un bras donc de la grande rivière qui alimente le moulin voisin depuis plus de 8 siècles.

L’harmonie végétale de cet ensemble classé » jardin remarquable  » se prolonge à l’extérieur par le chemin d accès à la propriété, le chemin du Saulce, bordé d un splendide alignement de vieux tilleuls bicentenaires qui par miracle appartient encore au domaine jusqu à l’ancienne route nationale 6 (aujourd’hui RD 606)

Mais le parc est aussi un grand refuge d animaux,
Au début du 20 eme siècle une plaque bleue témaillée encore visible fut posée à gauche de l’entrée du parc sur le mur d enceinte.
On peut y voir de nombreuses espèces qui y vivent en toute quiétude si ce ne St. les rapaces qui rodent parfois bien haut dans le ciel.
Les familles d écureuils roux sont nombreuses, ainsi que les geais, mésanges, colombes, hérons des étangs voisins, et bien sur lapins canards et toute sorte d animaux plus familiers qui se montrent si on ne fait pas trop de bruit.

En Novembre et en Mars, le spectacle visuel et sonore est dans le ciel car des centaines d oies sauvages migrent vers l’Afrique pour l’hiver en se rassemblant au dessus de l’Yonne voisine et en formant des V magnifiques juste au dessus de la commanderie.

Et en ressortant on pourra encore admirer les deux bornes anciennes qui guidaient les roues des calèches avant le portail de sortie, des bornes à 8 côtés bien sur, comme les 8 pointes de la croix de Malte ;


Aussi à droite en sortant a l’extérieur tout près et de part et d autre de l’angle du mur d enceinte on peut voir des gravures 18 eme représentant la croix de Malte et révélant certains noms et prénoms de l’époque, évidemment assez abîmées. Il faut avoir de bons yeux !